Le Marbre de Chemtou

marbre chemtou

Giallo antico – également connu sous le nom de marbre numide (marmor numidicum en latin), est un marbre jaune exploité à l’époque romaine dans l’ancienne Simmithu ou Simitthus), bourgade numide qui existait entre le quatrième et le cinquième avant J.C.  Devenue cité romaine, elle fut rattachée à la province d’Afrique proconsulaire à l’époque romaine, avant de s’éteindre vers les neuvièmes et dixièmes siècles. Simitthus était au carrefour de deux importantes routes : celle qui relie Carthage à Hippo Reggius (actuelle Annaba, en Algérie) et celle qui relie Thabraca (actuelle Tabarka) à Sicca Veneria (actuelle Le Kef), en Tunisie.

Site de Chemtou ou Simitthus

Site de Chemtou ou Simitthus

Le marbre de Chemtou est un marbre antique qui a été découvert et exploité avant la période romaine, dès le règne de Micipsa. Le marbre est utilisé à Rome dès la seconde moitié du  1er siècle avant J.C ;  pour la colonne érigée en l’honneur de Jules César.

Marbre de Chemtou à l’état brut

Marbre de Chemtou à l’état brut

Caractéristiques du marbre de Chemtou

Le marbre est disponible dans toutes les variantes de jaune, rose et rouge et se caractérise par ses veines, ses couches stratifiées et sa structure de brèches   en mouvement. Dans la gamme de couleur des pierres antiques, il est sans comparaison.

Marbre de Chemtou à l’état poli

Marbre de Chemtou à l’état poli

Ci-dessus: Sol de Villa Romaine couvert de marbre antique giallo antico

marbre chemtou

Les carrières de marbre de  Chemtou et les fouilles archéologiques

Avec des vestiges s’étendant sur une période de 1 500 ans, le site  de Chemtou, vaste de plus de 80 hectares,  est surtout connu pour ses carrières, d’où était extrait l’un des marbres les plus précieux de l’Empire romain, le marbre jaune antique, ou marmor numidicum ou giallo antico.

Les carrières de marbre de la région auraient été exploitées dès le II ème avant J.C dans la période numide. Le roi numide Micipsa  aurait érigé un sanctuaire à son père défunt, le roi Massinissa, grâce aux carrières de marbre qui s’y trouvaient.

L’excavation de la roche débute à grande échelle au premier siècle avant J.C. sous le règne d’Auguste, l’exploitation étant dévolue à des vétérans dirigeant des condamnés aux travaux forcés. Le marbre jaune antique est alors vu dans la haute société romaine comme un matériau de luxe très prisé (bénéficiant plus tard d’une excellente réputation chez les Romains sous l’appellation de giallo antico. On l’utilise à Rome  dans les fastueuses constructions impériales ; il aurait été également utilisé dans la construction d’édifices locaux de prestige (temple et villas) ainsi que  dans les différentes provinces byzantines et romaines. Ce même marbre est présent dans les colonnes des palestres des thermes  d’Antonin de Carthage, qui constituent l’un des plus importants vestiges d’Afrique romaine, et parmi les monuments qui demeurent un témoignage exceptionnel, non seulement dans la Tunisie actuelle mais également dans toute l’Afrique du Nord.

Musé archéologique de Chemtou

Aujourd’hui, des vestiges peuvent encore être vus avec la reconstitution du sanctuaire au musée de Chemtou, inauguré en 1997.

musé archéologique de chemtou

musé archéologique de chemtou

Meule remontant à l’époque romaine

Meule remontant à l’époque romaine

Pince auto-serrante romaine pour le marbre

Pince auto-serrante romaine pour le marbre

Propriété impériale après avoir été élément du domaine royal numide, les carrières semblent abandonnées aux privés au début ou au cours du troisième siècle. L’espace impérial était entouré d’un mur. Très peu de marbre a été utilisé dans les constructions de la cité car jugé trop coûteux, il était destiné à l’exportation  via les ports d’Utique et Thabraca. Bien que la gamme de coloris soit très large (du crème au rose), les plus réputés étaient le jaune clair et le jaune foncé.

Les sites d’extraction ont pu être datés du fait des techniques utilisées successivement. Des blocs non détachés ont fourni d’importantes indications sur ces dernières. Des coins de fer étaient placés dans des incisions ou rainures dans la roche. Pour tailler une colonne de huit mètres de hauteur et d’un mètre de diamètre, quatre ouvriers étaient nécessaires durant 27 jours.

Les archéologues ont procédé à des travaux d’archéologie expérimentale  afin    d’estimer le volume et le poids du marbre. Friedrich Rakob (, un archéologue allemand (1931-2007)  dont les travaux portent principalement sur la Tunisie de l’époque romaine, a estimé à 250 000 m3 la quantité de marbre extraite à partir de la montagne qui est désormais « ruiniforme ». Le volume de gravats généré par l’exploitation est estimé par le même auteur à la moitié, ce volume induisant une gestion particulièrement organisée de l’exploitation. Un amas de gravats est estimé contenir à lui seul 45 000 m3. (Source : Wikipédia)